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Il existe dans nos campagnes des plantes au parfum enivrant et à l’allure inoffensive qui cachent pourtant un danger mortel. L’œnanthe safranée (Oenanthe crocata) en est le parfait exemple. Appartenant à la famille des apiacées, elle figure parmi les dix plantes les plus dangereuses de France et possède la triste capacité de tuer un adulte en moins de trois heures. Voici tout ce qu’il faut savoir pour l’identifier et éviter des confusions dramatiques lors de vos cueillettes.
Où pousse l’œnanthe safranée ?
Cette plante affectionne particulièrement les milieux humides. Vous la rencontrerez fréquemment dans les fossés gorgés d’eau, les prairies humides ou sur les berges des rivières. Si elle est très présente dans l’ouest de la France, notamment en Bretagne et en Normandie, on peut tout de même la croiser dans d’autres régions, y compris en Île-de-France.
Comment l’identifier avec certitude ?
L’observation minutieuse est la règle d’or en botanique. L’œnanthe safranée possède des caractéristiques précises qui permettent de la reconnaître :
La taille et la tige : C’est une plante robuste qui peut atteindre environ 1,50 mètre de hauteur. Sa tige est cannelée et striée.
Les feuilles : Elles sont composées de plusieurs segments assez larges, divisées deux à trois fois (bi ou tri-pennatiséquées). Les bords extérieurs présentent des dents de tailles irrégulières.
L’inflorescence : Comme toutes les apiacées, elle forme des ombelles d’ombellules. Ses fleurs sont blanches avec de petites étamines légèrement rougeâtres. À la base de l’inflorescence, on trouve de petites bractées, parfois simples, parfois divisées.
L’odeur : Contrairement à une idée reçue, les plantes toxiques ne sentent pas forcément mauvais. L’œnanthe safranée est très aromatique et dégage un parfum agréable.
Le critère absolu (l’absence de poils) : Comme toutes les plantes mortelles de cette famille, l’œnanthe safranée est 100 % glabre. Vous ne trouverez aucun poil, ni sur le dessus ou le dessous des feuilles, ni sur les tiges, ni sur les pétioles.
Le latex : Si l’on coupe la plante à sa base, au niveau de la racine, elle laisse perler un suc (latex) de couleur jaune orangé.
Il est important de noter que le simple fait de toucher la plante n’est pas dangereux en soi. Le risque mortel réside exclusivement dans son ingestion.
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