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Pourquoi certaines personnes se taisent lorsqu’elles sont blessées

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Retrait émotionnel… Pourquoi certaines personnes se taisent lorsqu’elles souffrent

La plupart des gens pensent que le silence signifie une seule chose : la colère.

Une personne cesse de répondre aux messages. Elle prend ses distances après une dispute. Ses réponses deviennent plus courtes, plus froides, voire disparaissent complètement.

La conclusion immédiate est généralement la même : « Il/Elle m’ignore exprès.»

Parfois, c’est vrai.

Mais souvent, ce n’est pas le cas.

Ce que beaucoup interprètent comme un rejet ou une punition peut en réalité être tout autre chose : un profond bouleversement émotionnel.

Le problème, c’est que, vu de l’extérieur, les deux situations peuvent paraître presque identiques.

Pourquoi le silence est-il si difficile à vivre ?

Imaginez envoyer un message à une personne qui vous est chère et ne recevoir aucune réponse.

Les heures passent. Puis une journée. Peut-être plusieurs jours.

Vous la voyez active en ligne. Elle répond aux autres, mais pas à vous.

Presque aussitôt, votre esprit commence à combler les lacunes.

L’incertitude nous met mal à l’aise, et lorsque l’information manque, notre cerveau élabore naturellement des explications.

Malheureusement, ces explications tendent souvent vers le rejet.

« Ils sont fâchés contre moi. »

« J’ai dû faire quelque chose de mal. »

« Ils s’en fichent. »

Pourtant, la psychologie suggère que le silence est souvent moins intentionnel qu’on ne le croit.

Pour certaines personnes, le retrait n’est pas une stratégie.

C’est une réaction au stress.

Et cette distinction change tout.

La différence entre le silence et le retrait émotionnel
L’expression « silence » est souvent utilisée pour décrire toute période de distance émotionnelle.

Mais tous les silences ne se valent pas.

Il existe une différence significative entre :

Refuser de communiquer pour contrôler ou punir quelqu’un

Se retirer parce que les émotions sont devenues insupportables

L’un est de la manipulation.

L’autre est de l’autoprotection.

Le problème est que la plupart des gens n’ont jamais appris à faire la différence.

Nombre d’entre nous ont grandi en percevant le silence comme une punition.

Peut-être qu’un parent a cessé de parler après une dispute.

Un partenaire a retiré son affection pour faire passer un message.

Un ami est devenu soudainement froid sans explication.

Avec le temps, ces expériences apprennent au cerveau à associer le silence à l’abandon.

À l’âge adulte, notre système nerveux réagit souvent au retrait bien avant que nous en comprenions consciemment la cause.

Pourquoi le rejet fait-il si mal ?

La douleur du retrait émotionnel n’est pas seulement émotionnelle, elle est aussi biologique.

Dans une étude bien connue, la neuroscientifique Naomi Eisenberger a découvert que l’exclusion sociale active certaines des mêmes régions du cerveau impliquées dans la douleur physique.

Autrement dit, être ignoré n’est pas seulement douloureux.

Votre cerveau le traite de la même manière qu’une blessure.

Ceci explique pourquoi la distance émotionnelle peut déclencher des réactions si intenses.

Lorsqu’une personne prend ses distances, le corps réagit souvent comme face à une menace.

La peur, l’anxiété et l’incertitude sont bien réelles.

Quand le silence est en réalité une réponse au stress

Le chercheur en relations de couple John Gottman a consacré des décennies à l’étude des conflits au sein des couples.

Ses recherches ont montré que lors de situations émotionnellement intenses, certaines personnes sont physiologiquement submergées.

Leur :

Rythme cardiaque augmente
Halte au stress
Système nerveux passe en mode survie

Une fois cet état atteint, la communication devient extrêmement difficile.

Le cerveau n’est plus concentré sur la connexion.

Il est concentré sur la protection.

C’est à ce moment-là que beaucoup de personnes se replient sur elles-mêmes.

Non pas par indifférence.

Parce qu’elles ne peuvent plus traiter d’informations émotionnelles supplémentaires.

La réaction de sidération : le mode de survie dont personne ne parle

La plupart des gens connaissent la réaction de « lutte ou fuite ».

Moins connue est une troisième réaction de survie : la sidération.

Selon les travaux du neuroscientifique Stephen Porges sur la régulation du système nerveux, lorsque le cerveau perçoit un stress intense et ne voit aucune issue, il peut choisir de se replier sur lui-même.

Les personnes qui subissent une réaction de sidération deviennent souvent :

Silencieuses
Émotionnellement insensibles
Mentalement distantes
Moins expressives
De l’extérieur, elles peuvent paraître froides ou indifférentes.

Intérieurement, cependant, elles peuvent se sentir submergées par des émotions qu’elles ne parviennent pas à organiser ni à exprimer.

Ce qui ressemble à une déconnexion peut en réalité être une surcharge émotionnelle.

Comment l’enfance influence le repli sur soi à l’âge adulte

Nombre d’adultes émotionnellement distants ont appris très tôt qu’exprimer leurs émotions était dangereux.

Peut-être ont-ils été critiqués pour avoir montré leurs sentiments.

Peut-être leurs préoccupations ont-elles été minimisées ou ignorées.

Avec le temps, le cerveau s’adapte.

Il apprend que la vulnérabilité engendre un malaise plutôt qu’un soutien.

Les travaux du psychologue Martin Seligman sur l’impuissance acquise permettent d’expliquer ce processus.

Lorsque des personnes vivent de manière répétée des situations où leur voix n’a pas d’importance, elles finissent par cesser de s’exprimer.

Non pas par indifférence, mais parce qu’elles ont appris à ne pas espérer de compréhension.

À l’âge adulte, cela peut créer un comportement de repli sur soi lors des conflits, même lorsque des émotions fortes sont présentes en filigrane.

Le rôle des styles d’attachement

La théorie de l’attachement offre une autre explication au repli sur soi émotionnel.

Les personnes ayant un style d’attachement évitant développent souvent ce que les psychologues appellent des stratégies de désactivation.

Il s’agit de mécanismes inconscients visant à réduire la proximité émotionnelle lorsque la vulnérabilité devient inconfortable.

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