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Lorsqu’un conflit survient ou que l’intimité s’intensifie, leur système nerveux peut interpréter ces expériences comme des menaces.
Conséquence ?
Distance. Silence. Repli sur soi.
Souvent sans bien comprendre pourquoi ils agissent ainsi.
Nombre de personnes ayant un style d’attachement évitant ne repoussent pas intentionnellement les autres.
Leur cerveau a simplement appris depuis longtemps que la distance émotionnelle est plus rassurante que l’exposition émotionnelle.
Pourquoi le repli sur soi affecte-t-il tout le monde ?
Le silence affecte rarement une seule personne.
Les recherches montrent que lorsqu’une personne refoule ses émotions lors d’une interaction, le niveau de stress de l’autre augmente souvent également.
Les êtres humains ont besoin de retours émotionnels pour se sentir en sécurité.
Nous sommes attentifs aux :
Expressions faciales
Ton de la voix
Réactivité émotionnelle
Indices non verbaux
Lorsque ces signaux disparaissent, l’incertitude s’installe.
Même sans mots, le silence transmet un message.
Malheureusement, ce message est souvent interprété comme un rejet.
Le cycle de la poursuite et du retrait
La thérapeute de couple Sue Johnson décrit un schéma courant appelé le cycle de la poursuite et du retrait.
Voici comment cela fonctionne :
Une personne se retire émotionnellement.
L’autre ressent de l’anxiété et cherche à être rassurée.
La pression devient encore plus forte pour le partenaire qui se retire.
Il/Elle se replie davantage.
Le partenaire anxieux/anxieuse insiste encore plus.
Et le cycle se poursuit.
Chacun tente de se protéger.
L’un/e craint l’abandon.
L’autre craint d’être submergé(e) par ses émotions.
Pourtant, la stratégie d’adaptation de chacun/chacun intensifie involontairement la peur la plus profonde de l’autre.
Le silence n’est pas toujours innocent
Il est important de ne pas idéaliser tous les retraits.
Parfois, le silence est utilisé comme une arme.
Certaines personnes retiennent intentionnellement la communication pour punir, manipuler ou prendre le contrôle.
Ce type de silence implique généralement des rapports de force.
La communication ne reprend que lorsque la réaction souhaitée a été obtenue.
Des études ont établi un lien entre le retrait émotionnel chronique et une augmentation de l’anxiété, de la dépression et de la détresse émotionnelle dans les relations.
C’est pourquoi le contexte est important.
Les schémas relationnels sont importants.
Et votre propre expérience.
Cela compte.
Une personne submergée par ses émotions a tendance à se replier sur elle-même dans de nombreuses situations.
Une personne qui utilise le silence comme outil de manipulation l’emploie souvent de manière stratégique.
Que faire lorsqu’une personne se replie sur elle-même ?
Contrairement à ce que beaucoup pensent, la pression résout rarement le repli émotionnel.
En réalité, les demandes de communication immédiate intensifient souvent les réactions de repli.
Pour une personne submergée par ses émotions, davantage de pression peut être perçue comme un danger accru.
Une approche plus calme est souvent plus efficace.
Une phrase aussi simple que : « J’ai remarqué que tu es silencieux(se) ces derniers temps. Je suis là quand tu seras prêt(e) à parler. »
Cela témoigne de votre soutien sans créer de pression supplémentaire.
Cela offre un sentiment de sécurité plutôt qu’un sentiment d’urgence.
Bien sûr, la compassion ne signifie pas tolérer indéfiniment un comportement malsain.
Chacun est responsable d’apprendre à communiquer de manière plus saine.
Mais lorsque le silence est motivé par la souffrance plutôt que par la manipulation, la compréhension est souvent plus constructive que la confrontation.
L’importance du contexte
L’un des aspects les plus douloureux du repli sur soi est l’incertitude.
On a naturellement tendance à combler les lacunes, et ces suppositions sont souvent négatives.
C’est pourquoi même une petite explication peut faire toute la différence.
Vous n’avez pas besoin de tout expliquer parfaitement.
Vous n’avez pas besoin de gérer vos émotions immédiatement.
Parfois, dire simplement : « J’ai besoin d’un peu de temps, mais je vous recontacterai quand je serai prêt(e) » suffit.
Hors contexte, le silence est perçu comme un abandon.
Avec du contexte, il est perçu comme une humanité.
La guérison est possible.
La bonne nouvelle, c’est que le repli sur soi n’est pas définitif.
La recherche suggère que le cerveau peut apprendre de nouveaux schémas lorsqu’il fait l’expérience répétée d’une sécurité émotionnelle.
La guérison se produit souvent grâce à de petits moments :
Parler et être entendu(e)
Exprimer ses émotions sans être jugé(e)
Expérimenter sa vulnérabilité sans être rejeté(e)
Découvrir que les conflits ne mènent pas toujours à la souffrance.
Avec le temps, ces expériences aident à modifier les attentes du système nerveux.
Le cerveau commence à comprendre que le contact n’est pas toujours dangereux.
Et peu à peu, le silence devient moins nécessaire.
Conclusion
Le silence n’est pas toujours synonyme de colère. Parfois, il exprime la peur. Parfois, il exprime le sentiment d’être submergé(e). Parfois, cela reflète des années de conditionnement, des schémas d’attachement ou des réactions du système nerveux qui se sont développés bien avant la relation actuelle.
Comprendre cela n’excuse pas les comportements nuisibles.
Mais cela peut nous aider à percevoir le retrait émotionnel avec plus de lucidité et de compassion.
Car derrière de nombreux moments de silence ne se cache pas une personne qui cherche à blesser autrui.
C’est une personne qui tente – souvent maladroitement – de se protéger.
Et pour beaucoup, la guérison commence lorsqu’ils réalisent qu’ils n’ont plus à subir chaque conversation.
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