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Mon mari m’a mise à la porte.

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— Adieu.

En sortant dans la fraîche soirée de mars, je ne me suis pas « effondrée contre un mur » et je n’ai pas sangloté dans une entrée d’immeuble.

J’ai appelé un taxi jusqu’à un hôtel.

Une fois assise sur la banquette arrière, j’ai sorti mon téléphone et j’ai passé exactement un appel.

— Katia, salut, ai-je dit en regardant les lumières de la ville du soir défiler.

— Tu disais qu’il manquait à votre chaîne de télévision un sujet bien croustillant pour la rubrique « Bouclier du consommateur » ?

Note l’adresse.

Garage automobile « Imperia-Motors ».

Oui, celui-là même où l’on entretient des voitures étrangères de luxe.

Katia, mon amie d’école et, par la même occasion, rédactrice en chef d’une émission scandaleuse à la télévision locale, s’anima aussitôt.

— Olia !

Tu es vraiment prête à livrer ton cher époux ?

— Ce n’est plus mon cher époux.

Note les faits, dis-je d’une voix aussi régulière que l’asphalte d’une route fédérale.

— Le schéma est classique : sur les factures, ils indiquent des pièces allemandes d’origine.

Mais en réalité, les mécaniciens installent des copies chinoises bon marché ou des pièces d’occasion nettoyées.

Roman empoche la différence en contournant la caisse.

C’est l’article 14.7 du Code des infractions administratives de la Fédération de Russie : tromperie du consommateur, plus évasion fiscale.

Je vais t’envoyer par e-mail les numéros de trois voitures auxquelles ils ont posé hier de fausses plaquettes de frein.

Les propriétaires ne savent pas encore qu’ils roulent sur des bombes à retardement.

— Je t’adore, Olia !

Demain matin, on y va avec un client mystère et des caméras cachées.

Le lendemain matin, je buvais un cappuccino dans un confortable studio loué, en faisant défiler le fil d’actualité.

Mon téléphone vibra.

C’était le chat de l’immeuble, dont l’administratrice était Larissa, l’amie intime de mon ancienne belle-mère.

Une femme bruyante et avide de linge sale.

« Chers voisins ! écrivait Larissa en gros caractères.

Notre respecté Roman Nikolaïevitch a enfin chassé sa sangsue !

Soutenons un homme bien !

Elle vivait à ses crochets, sans bortsch ni confort à la maison ! »

J’ai bu une gorgée de café, ouvert le clavier et tapé une réponse.

« Larissa Guennadievna, soutenir un homme qui cache une partie de son salaire dans une enveloppe pour ne pas payer de pension alimentaire à deux enfants de son premier mariage est, sans aucun doute, très noble.

D’ailleurs, puisque nous parlons de lois : comment se porte votre réaménagement illégal avec la suppression d’un mur porteur donnant sur le balcon ?

Pour ce genre de tour de passe-passe, l’inspection du logement ne se contente pas d’infliger une amende de 2500 roubles, elle oblige aussi à remettre tout dans son état d’origine à vos frais dans un délai d’un mois.

Je comptais justement éclaircir cette question avec l’inspecteur. »

Un silence s’abattit sur le chat, un silence qu’on aurait pu couper au couteau.

Une minute plus tard, une notification système apparut : « L’utilisatrice Larissa Guennadievna a supprimé le groupe. »

Elle disparut de l’espace numérique aussi vite qu’un cafard surpris par une lumière soudainement allumée.

Et à midi, le vrai spectacle commença.

Katia m’envoya un lien vers le direct sur les réseaux sociaux de la chaîne.

À l’écran, il y avait Roman.

Son visage, d’ordinaire arrogant et lustré, ressemblait maintenant à une betterave trop mûre.

Il tournait autour de la journaliste en agitant les bras, tandis que le client mystère montrait à la caméra un filtre à huile qui s’effritait entre ses mains, vendu comme une pièce d’origine à un prix exorbitant.

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