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À 89 ans, alors qu’elle souffle une nouvelle bougie entourée de ses proches, Nana Mouskouri se laisse parfois envahir par des souvenirs plus douloureux que les applaudissements des scènes du monde entier. Derrière l’image de l’icône internationale, derrière les millions de disques vendus et les tournées triomphales, se cache une femme qui a longtemps porté un poids intime : celui de ne pas avoir été suffisamment présente pour ses enfants, Nicolas et Hélène.
Ces deux prénoms incarnent une part essentielle de sa vie. Nés de son union avec le guitariste grec Yorgos Silas, avec qui elle fut mariée entre le début des années 1960 et le milieu des années 1970, ils ont grandi dans l’ombre d’une carrière fulgurante. À cette époque, la chanteuse enchaîne les concerts, les enregistrements et les voyages. Son nom traverse les frontières, sa voix résonne sur tous les continents. Mais pendant que le public l’acclame, une autre réalité se joue dans l’intimité du foyer.
Nana Mouskouri a souvent reconnu, avec une grande honnêteté, les difficultés qu’elle a rencontrées pour concilier sa carrière d’artiste et sa vie de mère. Être sur scène exige une disponibilité totale, une énergie constante, des absences répétées. Or, l’enfance ne se met pas en pause. Les anniversaires, les petits chagrins, les devoirs du soir, les instants ordinaires qui construisent un lien indéfectible, elle les a parfois manqués. Non par manque d’amour, mais par excès d’engagement professionnel.
Face à cette situation, une solution s’est imposée : embaucher une nurse pour s’occuper des enfants au quotidien. Cette femme, prénommée Féfé, est décrite par la chanteuse comme « extraordinaire », « formidable », d’une bienveillance et d’un dévouement sans faille. Féfé n’était pas seulement une employée ; elle était présente à chaque instant, attentive aux besoins des deux enfants, rassurante dans les moments de doute, stable lorsque la mère était en tournée à l’autre bout du monde.
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