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Dans une interview sans filtre, Pierre Lellouche, ancien secrétaire d’État chargé des affaires européennes et du commerce extérieur, dresse un constat accablant sur le fonctionnement de l’Union européenne. Avocat, auteur de plusieurs ouvrages dont Nous vivons le retour des empires, il décrit une machine bureaucratique devenue incontrôlable qui, selon lui, sabote méthodiquement les intérêts industriels du continent.
L’ancien ministre ne mâche pas ses mots : l’Europe est devenue une énorme puissance administrative qui produit des normes à longueur de journée. Avec 50 000 fonctionnaires et un Parlement européen entièrement dédié à cette tâche, la machine tourne à plein régime sans que personne ne semble se poser la question essentielle : pourquoi et dans quel but ?
Le rouleau compresseur des normes irréfléchies
Pierre Lellouche compare l’Union européenne à un « rouleau compresseur cotonneux ». Derrière une apparente bienveillance, elle avance sans bruit, sans missiles ni explosions visibles, mais avec des décisions souvent absurdes et aux conséquences dramatiques. Ces normes, fréquemment élaborées sans réelle réflexion stratégique, s’imposent aux États membres et broient progressivement des secteurs entiers de l’économie.
L’exemple le plus frappant selon lui concerne l’industrie automobile. Au nom de la transition énergétique, la Commission européenne aurait littéralement offert les clés de ce secteur stratégique à la Chine. Résultat : des usines européennes sont vendues pour accueillir des constructeurs chinois, car les véhicules produits sur le sol européen ne trouvent plus preneurs. Pour l’ancien ministre, il s’agit d’une destruction organisée, et non d’un simple accident de parcours.
Le principe de réciprocité bafoué
Pierre Lellouche raconte une anecdote édifiante tirée de son expérience ministérielle. Peu après sa nomination, il découvre que Bombardier, entreprise canadienne, vend des trains de banlieue en France, alors que l’inverse est impossible. Fort de sa connaissance du droit international et du principe de réciprocité inscrit dans les accords du GATT, il tente de faire bouger les lignes.
Sa proposition de demander la réciprocité dans l’accès aux marchés publics se heurte à un mur. La Commission européenne refuse d’apparaître comme protectionniste. Du côté français, l’Élysée et Matignon, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, s’opposent également à cette initiative. Malgré ces résistances, il impose le sujet lors d’un Conseil européen. Il faudra néanmoins onze longues années pour que cette réciprocité soit finalement inscrite dans les textes européens, bien après son départ du gouvernement.
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