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Mark Carney n’a pas de légitimité pour donner des leçons de démocratie
Parlons donc de sa vision d’une majorité référendaire acceptable. 50 % + 1 ne ferait pas l’affaire selon les standards démocratiques du premier ministre. Vous devinez facilement qu’il est immédiatement piégé lorsqu’on lui pose la question évidente qui vient après. Alors il faudrait combien ? 53 % ? 55 % ? 60 % ?
Quelle crédibilité ?
Une autre question me titille davantage. En tout respect, Mark Carney est-il une personne que l’on peut prendre au sérieux lorsqu’il s’agit de définir ce qu’est une majorité légitime ? Je dirais même que parmi tous les premiers ministres de l’histoire moderne du Canada, il est celui qui devrait rester le plus prudent en la matière.
Parce que lui, une majorité, il s’en est bricolé une. Légale, mais éthiquement bancale. Le soir des élections d’avril 2025, les électeurs canadiens avaient choisi un gouvernement minoritaire. Monsieur Carney était visiblement déçu de ne pas avoir les pleins pouvoirs et de devoir négocier avec l’opposition.
C’est à coups de transfuges qu’il s’est acquis une majorité. En convainquant quelques conservateurs et une néo-démocrate de traverser la chambre. Les motivations de ces gens demeurent encore à ce jour assez nébuleuses au-delà des grandes phrases sur « l’intérêt supérieur du pays et le bien-être des gens de la circonscription ».
Peut-être apprendra-t-on dans plusieurs années, dans les pages d’une biographie ou par le biais d’une enquête, que de douces promesses sous-jacentes avaient contribué à les convaincre de changer de parti d’un jour à l’autre.
Mark Carney est majoritaire. Il s’est donné le pouvoir de prendre des décisions énormes pour l’avenir du pays, avec trop peu de légitimité pour donner des leçons de démocratie à l’Alberta ou au Québec.
– Mario Dumont
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