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Malgré cette décision, le maire ne change pas de position. Depuis plusieurs mois, il refuse de procéder à la célébration du mariage, qu’il considère comme « insincère et frauduleux ». Selon lui, la situation administrative du futur marié, un ressortissant algérien sous le coup d’une OQTF prononcée en 2022, pose problème sur le fond.
Dans ses prises de parole, l’élu assume pleinement son refus, même en connaissance des conséquences financières et juridiques. Il affirme agir par principe, estimant ne pas avoir à célébrer une union dans ce contexte particulier.
Une critique de l’État et du fonctionnement institutionnel
Dans un communiqué publié le 30 janvier, Olivier Bourjot exprime également son incompréhension face à la situation. Il critique l’État, qu’il accuse de prendre des décisions sans toujours en assurer l’exécution, laissant selon lui les communes en première ligne.
Interrogé par les médias, il va plus loin, évoquant une situation qu’il juge « aberrante » et dénonçant une forme d’incohérence institutionnelle. Pour lui, le problème dépasse le simple cadre du mariage et interroge plus largement le rôle des maires dans l’application des décisions administratives et judiciaires.
Une sanction qui pourrait encore s’alourdir

La décision du tribunal ne s’arrête pas à l’astreinte de 500 euros par jour. Elle prévoit également la possibilité de porter cette somme à 3 000 euros par jour pendant un mois en cas de persistance du refus. Une perspective qui accentue encore la pression financière sur la commune et sur son exécutif.
Pour le maire, cette éventualité reviendrait à être contraint de payer des sommes importantes dans un dossier qu’il conteste toujours sur le fond, ce qu’il juge profondément problématique.
Une impasse institutionnelle et des pistes évoquées
Face à cette situation bloquée, une solution institutionnelle existe théoriquement : le préfet de Seine-et-Marne pourrait se substituer au maire pour célébrer le mariage. Cette option permettrait de sortir de l’impasse tout en garantissant l’exécution de la décision de justice.
De son côté, Olivier Bourjot plaide pour une évolution législative. Il appelle à la mise en place d’un cadre plus clair, qui permettrait selon lui d’éviter que les maires se retrouvent confrontés à ce type de situations conflictuelles. Il évoque également la nécessité de mieux soutenir les collectivités locales et les élus dans l’exercice de leurs fonctions.
Une affaire qui dépasse le seul cadre local
Au-delà du cas de Chessy, cette affaire met en lumière les tensions possibles entre décisions judiciaires, responsabilités municipales et débats liés à l’application du droit des étrangers. Elle souligne aussi la difficulté pour certains élus locaux de concilier leurs convictions personnelles avec les obligations légales qui leur incombent.
Dans ce contexte, l’astreinte financière devient un outil de contrainte mais aussi un symbole : celui d’un affrontement entre deux lectures du rôle de l’autorité publique, l’une fondée sur l’exécution stricte du droit, l’autre sur une interprétation politique et morale de la situation.
Une affaire qui, désormais, dépasse largement les murs de la mairie de Chessy.