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Mamba Six : l’auditrice que personne n’aurait dû sous-estimer

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Une simple auditrice… en apparence

Je m’appelle Cassandra Sloan. Du moins, c’est le nom qui figure sur mes papiers officiels. Dans certains milieux qui n’existent sur aucun document administratif, on me connaît sous un autre nom : Mamba Six.

À cet instant précis, pourtant, je suis censée n’être qu’une modeste auditrice civile du département de la Défense. Une employée sans importance chargée d’examiner des procédures administratives. C’est exactement l’image que tout le monde doit voir.

Face à moi se tient le sergent-chef Trent Whitaker, un Marine imposant à la réputation intimidante. Dans un accès de colère, il vient d’arracher l’appareil photo gouvernemental que je tenais entre les mains.

Le Nikon noir se balance devant mon visage tandis qu’il vocifère devant toute l’unité. Sa voix résonne contre les murs de béton du bâtiment.

Selon lui, il protège son bataillon contre des accusations absurdes. Selon lui, il remet simplement à sa place une fonctionnaire trop curieuse. Selon lui, cette scène n’est qu’un banal affrontement entre un vétéran expérimenté et une employée civile sans importance.

Mais Whitaker ignore une chose essentielle.

Quelques fractions de seconde avant qu’il ne s’empare de l’appareil, j’ai capturé une photographie capitale. Une image contenant l’élément qui relie directement son unité à une fuite d’informations classifiées.

Depuis trois semaines, j’ai infiltré Camp Pendleton sous couverture. Ma mission consiste à identifier l’origine d’une fuite catastrophique de données opérationnelles. Des itinéraires maritimes sensibles disparaissent mystérieusement avant d’apparaître entre les mains d’un réseau criminel international.

Whitaker pense avoir gagné en me confisquant l’appareil photo.

En réalité, il vient de mettre les mains sur une preuve fédérale explosive.

Je ne cherche pas à récupérer la caméra. Je ne proteste pas. Je le remercie calmement avant de quitter les lieux.

À peine sortie du bâtiment, mon téléphone sécurisé vibre dans ma poche.

Le message est bref et alarmant.

Notre couverture est compromise. Le réseau criminel sait que je suis sur la base. Les accès viennent d’être verrouillés.

La chasse commence.

Une base sous surveillance

Le réseau que nous traquons est dirigé par Lazeros Meridakis, un intermédiaire de l’ombre opérant depuis la Grèce. Selon les informations reçues, ses hommes ont intercepté certaines communications fédérales et compris qu’une enquête se rapprochait dangereusement de leurs activités.

Whitaker n’est pas le cerveau de l’opération. Il n’est qu’un rouage, peut-être même sans connaître l’ampleur exacte du système auquel il participe.

L’appareil photo qu’il a saisi contient pourtant une preuve déterminante : l’image d’un dispositif de communication clandestin dissimulé dans les affaires d’un jeune Marine.

Alors que je traverse les couloirs de la base, chaque déplacement doit être calculé. Si les complices infiltrés me trouvent avant que l’opération ne soit révélée publiquement, ma mission risque de s’achever dans l’ombre.

C’est alors qu’un homme surgit devant moi.

Le sergent-major Elias Park.

Depuis plusieurs semaines, il m’observe discrètement. Contrairement aux autres, il a remarqué certains détails impossibles à cacher totalement : une discipline corporelle inhabituelle, des réflexes trop précis, des habitudes incompatibles avec le profil d’une simple auditrice.

Sans détour, il révèle qu’il connaît ma véritable identité.

Je lui expose immédiatement la situation.

Selon ses propres renseignements, deux individus se présentant comme des sous-traitants de maintenance ont récemment obtenu un accès suspect à certaines installations de la base. Ils sont désormais à ma recherche.

Nous devons agir vite.

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