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Le monde tel que nous le connaissons s’apprête à disparaître dans les deux prochaines années, sous l’effet d’une explosion de l’intelligence artificielle (IA) qui transformera radicalement tous les aspects de nos vies. Emplois, relations, familles, religions, économie et conflits : rien ne restera inchangé. Chacun doit comprendre ce que ce bouleversement représente, afin de ne pas se retrouver dépassé.
Un moment historique sans précédent
Nous vivons une période historique unique, marquée par une rivalité intense entre les deux principales superpuissances mondiales, les États-Unis et la Chine, engagées dans une guerre froide technologique, économique et militaire, dont l’IA est le cœur. Comme l’a dit Charlie Munger : « Montrez-moi les incitations et je vous montrerai le résultat. » Face à une telle compétition, la seule incitation est de gagner à tout prix.
L’Amérique, confrontée à une crise de la dette colossale et à la montée du populisme, voit s’accumuler les tensions politiques. Certains évoquent même la possibilité d’une guerre civile. Au centre de cette tempête se trouve la révolution de l’IA. L’histoire ne progresse pas de façon linéaire, mais avance par à-coups, lors de révoltes ou grâce à des percées scientifiques majeures. Après l’imprimerie, l’électricité, l’ère atomique et l’internet, c’est aujourd’hui au tour de l’IA de bouleverser notre réalité.
Un avenir plus rapide et vaste qu’on ne l’imagine
Depuis un an, plus de personnes discutent avec des IA qu’avec leur médecin, avocat ou thérapeute. Des plateformes comme Character.ai, Replica, ChatGPT ou l’IA de Snapchat rassemblent quotidiennement des millions d’utilisateurs, dépassant de loin le temps passé avec des professionnels humains. Cette tendance laisse présager que l’IA deviendra bientôt la principale forme d’interaction sociale.
Mais l’IA ne se limite pas à cela : elle transforme déjà les métiers, la médecine, l’ingénierie, la guerre et la science. Selon Sam Altman, fondateur d’OpenAI, l’IA progresse à un rythme de 300 % par an, sans signe de ralentissement. Pour illustrer l’effet de la croissance exponentielle : après deux ans, une telle progression correspond à une multiplication par 16 de l’état initial ; après trois ans, par 64.
L’IA ouvre un nouveau champ de compétences, rendant obsolète tout ce que nous connaissions. Imaginez un homme de 82 ans courant 10 kilomètres à l’aube, biologiquement rajeuni grâce à des cellules souches reprogrammées par l’IA, vivant avec un partenaire IA qui l’aide à surmonter ses traumatismes, gérer ses finances et se lancer dans une nouvelle carrière. Sa maison, gérée par une IA, est connectée à un réseau quantique sécurisé. Son petit-fils, né dans un utérus artificiel, est programmé pour résister au cancer et doté d’un QI optimal, équipé d’une puce neuronale lui permettant de communiquer par télépathie et, bientôt, de comprendre les aboiements du chien familial. Ce futur pourrait arriver bien plus vite qu’on ne le pense.
Des prouesses déjà accomplies
L’IA a déjà réalisé des avancées majeures :
- Résolution du repliement des protéines, défi resté sans solution humaine pendant plus de 50 ans
- Création de nouveaux outils d’édition génétique
- Démonstration de nouveaux théorèmes mathématiques
- Amélioration du diagnostic médical et de la découverte de médicaments
- Détection de tumeurs jusqu’à quatre ans avant leur apparition clinique
- Approbation de plus de 950 dispositifs médicaux et algorithmes assistés par IA
- Optimisation des langages de programmation fondamentaux
- Démocratisation de la création cinématographique et musicale de qualité hollywoodienne
- Déploiement de millions de robots industriels dans les usines du monde entier
Tout cela n’est que le début. L’augmentation des capacités des clusters IA, la montée en puissance de la production énergétique, et les nouvelles applications qu’elle rend possibles soulèvent la question : jusqu’où ira-t-on ?
Les leçons de l’histoire : le changement, source de chaos et de progrès
L’histoire montre que les grandes transformations technologiques engendrent autant de chaos que de progrès. Au XVIe siècle, l’imprimerie a déclenché la plus meurtrière des guerres européennes, causant la mort de 8 millions de personnes et la dépopulation de vastes régions. La diffusion rapide de nouvelles idées a fracturé l’Europe, provoquant le déclin de l’unité religieuse et une succession de conflits sanglants, jusqu’à la guerre de Trente Ans. L’imprimerie, en rendant la publication accessible, a permis la propagation d’idées, mais aussi de la propagande, divisant les populations en camps opposés.
Autre exemple : la poudre à canon a bouleversé la guerre, mettant fin à la domination des nobles locaux et favorisant la montée des États-nations centralisés. Les bouleversements économiques ont profité à ceux qui savaient s’adapter. L’industrialisation, puis l’électricité, ont entraîné une croissance exponentielle et la disparition de nombreux métiers, remplacés par de nouveaux. L’IA promet d’être encore plus révolutionnaire : il ne s’agit pas d’une explosion de mots ou d’énergie, mais d’une explosion d’intelligence, la force à l’origine même de toutes les révolutions technologiques passées.
Le piège de Thucydide : l’IA, un enjeu de rivalité mondiale
Douze fois dans l’histoire, une puissance montante a menacé une puissance dominante. Dans huit cas sur douze, cela a mené à la guerre : c’est le piège de Thucydide, du nom de l’historien grec ayant analysé la chute de Sparte face à la montée d’Athènes. Aujourd’hui, la Chine incarne la puissance montante, les États-Unis la puissance en déclin. L’issue de cette rivalité dépendra en grande partie de l’IA, qui est devenue un enjeu de survie nationale, bien plus qu’une simple compétition technologique.
La situation actuelle s’explique également par la théorie des jeux, notamment le dilemme du prisonnier : même si la coopération internationale sur l’IA serait bénéfique, l’absence de confiance conduit chaque pays à privilégier la course aux armements, de peur d’être dépassé. La Chine a lancé en 2017 une stratégie nationale pour devenir leader mondial de l’IA d’ici 2030, avec la construction massive de centres de données alimentés par des énergies renouvelables. Les États-Unis, de leur côté, dominent encore la conception des semi-conducteurs et contrôlent des points stratégiques de la chaîne de production mondiale, tout en restreignant l’accès chinois aux puces de pointe.
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