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L’évasion spectaculaire d’un détenu de 20 ans, dissimulé dans un sac à linge à la prison de Lyon-Corbas, connaît un nouveau rebondissement.

Près de cinq mois après les faits, une surveillante pénitentiaire a été mise en examen. Une affaire qui met en lumière des manquements graves au sein de l’établissement et relance les interrogations sur les conditions de sécurité en détention.
Le parquet de Lyon a confirmé jeudi la mise en examen d’une agente pénitentiaire pour « évasion en bande organisée », ainsi que pour « participation à une association de malfaiteurs » et « communication non autorisée avec un détenu ». Présentée le 27 novembre aux magistrats instructeurs, elle a été placée sous contrôle judiciaire et fait désormais l’objet d’une interdiction formelle d’exercer au sein de l’administration pénitentiaire ou dans toute fonction publique. Cette mise en cause marque un tournant majeur dans l’enquête, laissant supposer une complicité interne déterminante dans la préparation de la fuite.

Une cavale de trois jours après une évasion digne d’un scénario
Le 11 juillet, le détenu — alors en détention provisoire — s’était évadé en se cachant dans un sac à linge appartenant à son codétenu, lui-même libérable. L’évasion n’a été constatée que le lendemain matin, lorsque son absence en cellule a été relevée. Trois jours de cavale ont suivi, avant son interpellation à Sathonay-Camp, près de Lyon. Son complice avait quant à lui été arrêté à la gare de Marseille. Leur séparation dans deux maisons d’arrêt différentes visait à empêcher toute nouvelle communication ou coordination.
Un détenu impliqué dans une affaire criminelle lourde

Originaire de Mayotte, le jeune évadé était mis en examen pour « meurtre en bande organisée » et infraction à la législation sur les armes, dans un dossier instruit par la JIRS de Paris. Sa détention provisoire à Lyon-Corbas était la conséquence d’un dossier criminel complexe, impliquant le trafic de drogue et des violences graves. Cette dimension pénale particulièrement lourde rend son évasion d’autant plus préoccupante pour les autorités.
Des dysfonctionnements dénoncés au plus haut niveau
Dans les jours qui avaient suivi la fuite, le directeur de l’administration pénitentiaire Sébastien Cauwel avait dénoncé « une série de dysfonctionnements graves et inadmissibles ». Selon lui, l’évasion reposait sur un procédé « extrêmement rare », révélateur de failles dans les contrôles internes. Une enquête interne avait été immédiatement lancée, complétée par une inspection générale de la justice à la demande du garde des Sceaux.
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