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Les frères Ozark qui attiraient des voyageuses dans leur cabane : leurs actes vous terrifieront.

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C’était un pays secret et replié sur lui-même, fait de crêtes calcaires, de dolines et de grottes s’étendant sur des kilomètres sous terre. Des vallées entières se dissimulaient entre les crêtes, coupées de la ville la plus proche après une demi-journée de marche éprouvante. Les colons qui s’installèrent dans ce pays ne se répartirent pas uniformément. Ils s’établirent dans les creux, et chaque creux devint un petit monde à part entière, avec ses propres règles et ses propres longs silences.

La route qui longeait le creux de notre récit était l’une des rares voies fiables pour se rendre au nord dans cette région. C’était une route commerciale, une route postale, une route que les femmes voyageant seules étaient assurées d’être sûre car fréquentée. C’était le premier avertissement que leur donnait la terre. Une route fréquentée n’est pas une route sûre.

Cela signifie simplement que de plus en plus de gens traversent les mêmes lieux obscurs, les uns après les autres, sans jamais savoir qui les a précédés ni même s’ils y sont jamais arrivés. Dans les récits les plus anciens, les frères étaient nommés Elias et Cormac Vance. Ils étaient arrivés dans le creux vers la fin des années 1880, et les habitants de la vallée en contrebas n’ont jamais su dire exactement d’où ils venaient auparavant.

Ils parlaient d’une manière un peu étrange, de l’avis des anciens récits, avec un accent indéfinissable et un choix de mots qui semblait un peu trop soutenu, comme si cette langue leur avait été apprise plutôt qu’innée. Ils vivaient en solitaire. Ils descendaient au comptoir commercial peut-être quatre fois par an, toujours ensemble, toujours payant en vieille monnaie, et jamais ils n’amenaient avec eux quelqu’un du vallon.

Ce qu’ils possédaient, et dont tout le monde se souvenait, c’était la cabane. Elle était immense. C’est ce détail qui subsiste dans toutes les versions de l’histoire, ce détail que personne n’a jamais pu expliquer. Une construction de cette taille, perdue au fond d’un creux où rien ne poussait, bâtie par deux hommes qui ne cultivaient rien, ne faisaient aucun commerce et semblaient n’avoir aucune activité professionnelle.

Certains témoins affirmaient qu’elle avait été agrandie au fil des ans, aile après aile, jusqu’à s’étendre jusqu’à s’encastrer dans la colline. D’autres juraient que certaines parties étaient plus anciennes que les frères Vance, plus anciennes que le comté, que ces derniers avaient simplement trouvé la structure de pierre d’une construction préexistante, l’avaient entourée de bois et s’y étaient installés.

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