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Le milliardaire républicain, qui se revendique comme nationaliste, est passé à la contre-offensive depuis Washington. “Il n’y a aucun pays plus nationaliste que la France, des personnes très fières — à juste titre”, a-t-il lancé.
L’attaque a ensuite visé personnellement Emmanuel Macron et son bilan à la tête de la France.
“Le problème est qu’Emmanuel Macron souffre d’une très faible cote de popularité en France, 26%, et d’un taux de chômage à près de 10%”, a relevé Donald Trump.
“MAKE FRANCE GREAT AGAIN”, l’a-t-il exhorté en écho à son propre slogan, “Rendre à l’Amérique sa grandeur”. Cette formule fait l’objet d’échanges acerbes entre les deux hommes: le Français l’avait lui-même détournée pour dénoncer la décision de l’Américain de se retirer de l’accord de Paris sur le climat, en martelant “Make our planet great again”.
Au passage, l’homme d’affaires a aussi foulé le terrain commercial, s’en prenant au vin, produit emblématique s’il en est en France, pour déplorer que les vignerons français puissent plus facilement exporter leurs bouteilles aux Etats-Unis que l’inverse.
L’ex-secrétaire d’Etat démocrate John Kerry a regretté l’attitude du président républicain, qui “a déclaré son +amour+ pour Kim Jong Un”, le dirigeant nord-coréen, “mais insulte notre plus vieil allié”. “Arrêtez de tweeter! L’Amérique a besoin d’amis”, a-t-il ajouté.
Mais la porte-parole de la diplomatie américaine a balayé la polémique. “Beaucoup de bruit pour rien”, a estimé Heather Nauert, réaffirmant la relation “étroite” avec la France, “un de nos plus anciens et importants alliés”.
Pour Marie-Cécile Naves, spécialiste des Etats-Unis à l’Institut de relations internationales et stratégiques, Donald Trump “instrumentalise sa relation avec le président Macron pour faire passer des messages de politique intérieure” et donner “une image des Etats-Unis combatifs, seuls contre tous qui ne se laissent pas dicter d’agenda par des pays étrangers”.
Jusqu’ici relativement épargné, Emmanuel Macron découvre, comme l’Allemande Angela Merkel ou la Britannique Theresa May avant lui, les foudres du 45e président des Etats-Unis, souvent soupçonné de mieux s’entendre avec les hommes forts de pays adversaires qu’avec ses propres alliés.
AFP