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À l’heure actuelle, c’est la France entière qui se déchire, transformant les repas de famille et les réseaux sociaux en véritables arènes. D’un côté, une frange du public, très attachée à ses souvenirs d’enfance, refuse farouchement d’abandonner son idole. Ces défenseurs invoquent sans relâche la présomption d’innocence, rappelant que l’acteur nie formellement l’intégralité des faits et qu’aucun procès n’a eu lieu. Ils pointent du doigt une époque invite à détruire des vies sur la simple base de témoignages anonymes. De l’autre côté, une vague d’indignation toujours plus puissante exige que la parole des femmes soit enfin entendue et prise au sérieux. Pour eux, le talent artistique et la popularité ne doivent plus jamais servir d’alibi ou de bouclier d’impunité.
En définitive, l’affaire Gérard Darmon dépasse de très loin le cadre du simple fait divers. Elle dresse le portrait crépusculaire d’un monde qui refuse de mourir, où le génie supposé effaçait toutes les transgressions morales. La justice devra impérativement faire son œuvre pour démêler les fils de cette sombre histoire, mais le verdict de la société est déjà en cours de délibération. Que reste-t-il d’un géant quand la lumière s’éteint et que les masques tombent ? Le cinéma français est sommé de regarder son reflet dans le miroir, et il n’est pas certain qu’il y trouve un visage très reluisant. Une chose est désormais incontestable : l’ère dorée de l’impunité des intouchables s’effrite un peu plus chaque jour, pavant la voie à un avenir où plus personne, peu importe son talent, ne sera au-dessus de la décence et du respect humain.
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