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Refuser toute relation intime avec les hommes pour dire stop au patriarcat. Ce geste radical, né en Corée du Sud sous le nom de Mouvement 4B, traverse l’océan et gagne les États-Unis à une vitesse stupéfiante. Mais derrière ce boycott total, c’est tout un système d’inégalités et de violences que des femmes choisissent de dénoncer.
Le Mouvement 4B repose sur un principe simple et sans compromis : ni relations sexuelles, ni rendez-vous amoureux, ni mariage, ni enfants. Popularisé en Corée du Sud comme une réponse féministe radicale aux inégalités de genre, il connaît aujourd’hui un essor retentissant aux États-Unis. Pour ses adeptes, il s’agit d’un boycott systématique des hommes et du patriarcat, une manière de reprendre le contrôle sur leur propre vie. Mais pourquoi ce mouvement prend-il une telle ampleur aujourd’hui ?

D’où vient le Mouvement 4B ? Une révolte née en Corée du Sud
En Corée du Sud, les chiffres parlent d’eux-mêmes : les femmes subissent un écart salarial de 29 % par rapport aux hommes, selon l’OCDE. Elles consacrent également 3,5 fois plus de temps aux tâches domestiques. À cela s’ajoute une recrudescence des violences sexuelles et des cybercrimes, notamment les fameux « spycam crimes » – ces caméras cachées placées dans les lieux publics pour filmer des femmes à leur insu. Face à ce constat accablant, certaines Sud-Coréennes ont choisi une voie radicale : couper tout lien romantique ou intime avec les hommes, pour ne plus être exploitées ni soumises aux pressions sociales. Le terme « 4B » provient de quatre interdits dont les noms coréens commencent par « Bi » : Bisekeu (pas de sexe), Biyeonae (pas de relations amoureuses), Bihon (pas de mariage) et Bichulsan (pas d’accouchement). Comme le résume Baek Ga-eul, militante féministe sud-coréenne : « Ce mouvement permet d’être un être humain à part entière, et pas seulement un être réservé aux hommes ou aux enfants. »
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