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Atteindre l’âge de 100 ans était autrefois un exploit rare. Pourtant, de nos jours, cela semble plutôt courant. Croyez-le ou non, les centenaires ne constituent pas le groupe démographique dont la croissance est la plus rapide au monde. Des chercheurs suédois ont suivi des dizaines de milliers de personnes et analysé des analyses sanguines de routine effectuées des années auparavant. Ils se sont ensuite interrogés sur le lien potentiel entre le groupe sanguin et la longévité. Les marqueurs biologiques courants permettent-ils de prédire qui atteindra 100 ans ? L’étude a révélé la présence de certains de ces biomarqueurs courants, notamment les taux de glucose et de cholestérol, chez des personnes ayant vécu plus de 90 ans. Ces travaux ont été publiés dans une revue scientifique reconnue et se sont appuyés sur des registres nationaux interconnectés ; ils reposent donc sur des données solides. Dans cet article, nous détaillerons les mesures effectuées et leur analyse.
L’étude sur le groupe sanguin et la longévité
L’équipe souhaitait savoir si de simples analyses sanguines, réalisées plusieurs années auparavant, étaient liées à une longévité exceptionnelle. Par « exceptionnelle », on entend ici vivre jusqu’à au moins 100 ans. Les chercheurs ont comparé des personnes ayant atteint l’âge de 100 ans à des personnes n’ayant pas atteint cet âge. Les analyses sanguines des participants ont été réalisées à un âge relativement similaire. Ce point est essentiel, car comparer une personne de 70 ans à une personne de 90 ans peut fausser les résultats. L’étude comprenait des marqueurs standards du métabolisme, des fonctions rénale et hépatique, du statut martial et un indicateur d’inflammation. Le protocole prévoyait un long suivi, ce qui contribue à renforcer les conclusions. Les participants ont été suivis pendant 35 ans après le premier prélèvement sanguin, grâce aux registres suédois recensant les maladies, les décès et le lieu de résidence.
Les auteurs l’indiquent clairement dans leur résumé : « Les participants ont été suivis pendant 35 ans grâce aux données des registres suédois.» Nous reviendrons plus loin sur les marqueurs précis, puis sur les résultats. Pour l’instant, concentrons-nous sur cette idée centrale. La recherche ne prétend pas qu’un test unique garantisse une longue vie. Elle analyse les tendances au sein d’une population et estime les probabilités d’atteindre 100 ans pour différentes valeurs de chaque marqueur. Cette approche permet d’observer des tendances générales, mais ne peut prédire avec exactitude le destin d’un individu. Toutefois, elle peut indiquer les valeurs cibles de santé globales. Elle peut également mettre en évidence les valeurs très basses ou très élevées qui méritent une attention particulière. L’analyse a été ajustée en fonction de l’âge, du sexe et d’un indice de comorbidité, ce qui réduit certains biais.
Qui a participé à l’étude ?
La recherche a utilisé la cohorte AMORIS. AMORIS est une base de données populationnelle constituée à partir d’analyses de laboratoire cliniques réalisées dans le comté de Stockholm. Elle comprend plus de 800 000 personnes, mais cette étude s’est concentrée sur 44 636 participants nés entre 1893 et 1920 et ayant subi des analyses sanguines entre 1985 et 1996. Chaque participant a été suivi depuis le premier test jusqu’à son décès ou jusqu’à fin 2020. Au cours du suivi, 1 224 personnes ont atteint l’âge de 100 ans. Environ 85 % des centenaires étaient des femmes, ce qui reflète les tendances générales de survie en Suède à cette époque. L’équipe a relié les données de laboratoire à plusieurs registres nationaux grâce aux numéros d’identification personnels suédois. Cela a permis un suivi précis des maladies et des décès. L’analyse a utilisé des statistiques descriptives, une régression logistique et une classification hiérarchique.
Ces méthodes ont permis de comparer les distributions, d’estimer les probabilités et de déterminer si les centenaires présentaient des profils biologiques distincts. Les auteurs soulignent que « la moitié des participants ont été suivis pendant plus de 10 ans », ce qui laisse entrevoir des tendances significatives. Ils ont également ajusté leurs modèles en fonction de l’indice de comorbidité de Charlson, qui synthétise les affections graves à partir des dossiers hospitaliers. Cet ajustement permet de distinguer les signaux biologiques de la charge de morbidité connue. La conception globale de l’étude constitue un atout. Elle réduit le biais de mémorisation et utilise des méthodes de laboratoire uniformes sur des échantillons frais. Les registres suédois sont reconnus internationalement pour leur exhaustivité et leur contrôle qualité. Cependant, certaines variables liées au mode de vie n’étaient pas disponibles et certains marqueurs immunitaires souhaitables étaient absents.
Quels marqueurs sanguins ont été étudiés ?
Des études indiquent que les personnes de ce groupe sanguin ont une plus grande probabilité de vivre jusqu’à 100 ans
29 juin 2026 par Admin
Les auteurs ont examiné 12 marqueurs sanguins de routine. Parmi ceux-ci figuraient la glycémie et le cholestérol total pour évaluer le statut métabolique, la créatinine pour la fonction rénale, les enzymes hépatiques (aspartate aminotransférase, gamma-glutamyl transférase, phosphatase alcaline et lactate déshydrogénase), l’albumine pour l’état nutritionnel, ainsi que le fer et la capacité totale de fixation du fer pour évaluer l’anémie et le métabolisme du fer. L’acide urique a également été mesuré, car il est parfois utilisé comme marqueur d’inflammation. Ce panel d’analyses est familier à toute personne ayant déjà effectué des analyses de laboratoire classiques.
Dans la première version de l’article, le résumé suggérait qu’un taux de cholestérol total élevé augmentait les chances d’atteindre 100 ans. Les auteurs ont ensuite précisé : « Un faible taux de cholestérol était associé à une probabilité réduite d’atteindre l’âge de 100 ans », tout en notant qu’« un taux de cholestérol élevé n’augmente ni ne diminue la probabilité de vivre jusqu’à 100 ans ».
Les recommandations corrigées sont plus équilibrées et correspondent aux données qui utilisaient le quintile médian comme référence. Leur message final est précis : appartenir aux quintiles inférieurs de cholestérol total ou de fer était associé à une probabilité plus faible de devenir centenaire. Appartenir aux quintiles supérieurs de glucose, d’acide urique, de GGT, d’ALP, de LD et de TIBC était également associé à une probabilité plus faible. Pour la créatinine, les deux quintiles supérieurs présentaient une probabilité plus faible. Pour l’aspartate aminotransférase, les quintiles supérieur et inférieur présentaient tous deux une probabilité plus faible. Cette courbe en U peut apparaître lorsque la carence et l’excès comportent des risques. Cette nuance est importante lors des consultations médicales. Exagérer les valeurs peut être contre-productif. La santé se situe souvent au milieu. Votre médecin interprète les résultats d’analyses dans leur contexte, en tenant compte de l’âge, des médicaments, de l’alimentation et des maladies actuelles. Toutefois, cette vision populationnelle offre des indications utiles en matière de prévention.
En savoir plus sur le glucose
Le glucose reflète la façon dont votre corps gère le sucre. Dans cette étude, les personnes présentant les glycémies les plus élevées avaient moins de chances d’atteindre 100 mg/dL. Ce résultat concorde avec des décennies de recherche établissant un lien entre l’hyperglycémie chronique et les lésions vasculaires et nerveuses. Il est également en accord avec les objectifs de prise en charge du diabète. L’Association américaine du diabète considère une glycémie à jeun inférieure à 100 mg/dL comme normale. Elle définit un taux de 100 à 125 mg/dL comme un prédiabète et un taux de 126 mg/dL ou plus comme un diabète. L’étude n’a pas établi de diagnostic de diabète de manière clinique pour l’ensemble de la cohorte. Elle a plutôt regroupé les participants par quintiles de glycémie mesurée, puis estimé les chances de devenir centenaire. Une hyperglycémie persistante est généralement associée à un risque accru de maladies. Par conséquent, viser des valeurs glycémiques saines est essentiel pour une bonne santé à long terme.
Chez les personnes diabétiques, des objectifs de glycémie avant et après les repas sont fixés afin de réduire les complications. Chez les personnes non diabétiques, un dépistage régulier permet de détecter précocement les hausses de glycémie. Discutez de vos résultats et de votre situation avec votre médecin. Les médicaments, les maladies aiguës et les repas peuvent influencer les taux de glycémie dans les deux sens. Une seule mesure ne peut jamais révéler toute la vérité. Cependant, si plusieurs mesures indiquent une tendance à la hausse, il est généralement judicieux d’agir. Une alimentation de qualité, une activité physique régulière, un sommeil réparateur et la gestion du stress contribuent à un meilleur contrôle de la glycémie. De nombreux petits gestes, répétés régulièrement, peuvent avoir un impact significatif. Les résultats de l’étude ne suggèrent pas qu’un taux de glucose extrêmement bas soit un objectif. Des taux très bas peuvent être dangereux. L’étude indique que le quintile supérieur présentait une probabilité plus faible d’atteindre 100. Éviter l’hyperglycémie chronique semble judicieux et ce conseil est conforme aux recommandations actuelles.
Indices liés au foie et aux reins
La créatinine est un déchet produit par les muscles. Des reins sains la filtrent dans l’urine. Lorsque le taux de créatinine augmente dans le sang, cela signale souvent une diminution de la fonction rénale. Dans l’analyse suédoise, les personnes appartenant aux deux quintiles supérieurs de créatinine avaient une probabilité plus faible d’atteindre 100. Cela confirme le lien plus général entre la santé rénale et la survie. Une légère diminution de la filtration rénale peut survenir avec l’âge, la déshydratation ou la prise de médicaments. Des élévations persistantes méritent une évaluation, car elles peuvent refléter une maladie rénale chronique. Du côté hépatique, les quintiles supérieurs d’enzymes comme la gamma-glutamyl transférase, la phosphatase alcaline et la lactate déshydrogénase étaient associés à une probabilité moindre de longévité exceptionnelle. Ces enzymes peuvent augmenter en cas de problèmes hépatiques ou biliaires, de consommation d’alcool, de prise de certains médicaments ou d’autres affections.
Les médecins interprètent ces marqueurs conjointement, et non isolément. L’étude a également noté une relation en forme de U pour l’aspartate aminotransférase. Des valeurs très élevées comme très basses sont associées à une probabilité moindre. Ce schéma indique que les extrêmes peuvent être risqués pour différentes raisons. Des valeurs très basses peuvent être liées à la fragilité ou à une malnutrition dans certains contextes. Des valeurs très élevées peuvent refléter une blessure. L’article ne propose pas de seuils précis pour les décisions cliniques. Il compare les positions relatives au sein de la cohorte. Pourtant, cela semble logique. Les reins et le foie soutiennent de nombreux systèmes. Par conséquent, des signes persistants de surcharge hépatique ou hépatique peuvent être préoccupants.
Ces organes ne permettraient pas à une personne d’atteindre un âge avancé. Si un bilan récent révèle des changements, discutez avec votre médecin de la possibilité de réaliser des analyses complémentaires, de revoir votre traitement médicamenteux, votre consommation d’alcool et, le cas échéant, de passer des examens d’imagerie. De petites améliorations des habitudes peuvent, à terme, ramener les enzymes à des niveaux plus stables.
Acide urique et inflammation
L’acide urique se forme lorsque l’organisme décompose les purines. Un taux élevé peut cristalliser dans les articulations et provoquer la goutte. Il peut également être lié aux calculs rénaux et à une insuffisance rénale. Dans l’étude suédoise, une relation dose-effet claire est apparue. Le quintile présentant le taux d’acide urique le plus bas avait presque deux fois plus de chances d’atteindre 100 mg/dL que le quintile le plus élevé. Les auteurs ont également indiqué que cette différence « pourrait suggérer que l’inflammation » influence la probabilité d’atteindre 100 mg/dL. Il s’agit d’une hypothèse, et non d’une affirmation définitive. L’acide urique est lié au stress oxydatif et aux maladies métaboliques ; des valeurs plus basses pourraient donc indiquer un environnement interne plus stable. Cependant, il convient d’être prudent. Certaines personnes présentent un taux d’acide urique élevé sans souffrir de goutte ni de calculs rénaux. Certains médicaments et régimes alimentaires peuvent faire varier les taux d’acide urique à la hausse ou à la baisse.
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